29.03.2008

Commentaires sur le site du point

laudodemayotte
Mais que fait la France ?
jeudi 27 mars | 19:12
Bonjour, j'habite à Mayotte depuis 5 ans (arrivée en octobre 2006) à Hamouro plus précisément. Voici pour le moment le résultat de l'inconscience totale due à la décision de l'état français "d'accueillir" un dictateur : 1 mort suite à un lynchage, un homme s'est fait couper le bras car il à voulu aider une jeune femme (enfermée dans sa voiture) que certains individus maltraitaient, 1 homme s'est fait asperger d'essence lorsqu'il a souhaité retirer de l'argent au gabier (distributeur) de Passamainty et on vient de m'informer qu'un enfant serait décédé (je prie pour que ce ne soit qu'une simple rumeur !). Je précise, je suis une m'zunguette (blanche) pour ceux qui ne l'auraient pas compris. À la demande de la préfecture, le trafic des barges a été interrompu très tôt ce matin. Manifestement ils étaient au courant des risques encourus ce jour. Je souhaite répondre aux attaques faites sur les blancs et surtout après discussion avec un de mes amis anjouannais. Les Anjouannais s'en prennent aux blancs car ils pensent ainsi pouvoir exercer une pression certaine sur l'état français. Des personnes ont été prises en otages, mises dans la mangrove pour faire chanter l'État et que celui-ci restitue Bacard. Et ils pensent aussi que la France est de connivence avec ce dictateur. Et comme nous sommes les plus proches représentants de celle-ci... Ces personnes (surtout celles qui sont à la base de cette réflexion) ne se doutent pas une seconde que même si une dizaine (où voire plus) de personne décèdent, rien ne sera modifié aux projets de l'État. Je me permets de rappeler que ce dictateur Bacar fait l'objet d'un mandat d'arrêt international et qu'il est évacué par un transal vers la Réunion. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi une telle décision a été prise, ce malfaiteur devrait être restitué aux autorités Comoriennes, et c'est normal ! La France est une ingrate, elle ne se soucie pas de ses citoyens qui décident de vivre dans des pays, des territoires, des départements d'Outre-Mer autres que la métropole et pourtant Français ! Comment va se passer notre nuit ? Moi, vous voyez, je suis seule chez moi, je ne possède qu'un grand couteau de cuisine. Pas de Chombo. Mais nous avons une chance rare sur Hamouro, nous vivons tous dans une bonne entente, bien sûr des vols sont commis (le dernier remonte à quatre jours ! Chez des infirmières). Mais nous avons la garantie du porte-parole des Anjouannais que nous ne seront pas inquiétés. Nous lui avons demandé car de mauvaises langues ont fait courir un bruit. Un de nos amis Mahorais nous a servi de sondeur. Eux ont eu la présence d'esprit de faire la part des choses. Si seulement le reste des manifestants pouvaient faire de même. Je n'arrête pas de penser aux personnes vivant dans la capitale et ses environs. En espérant que tout se calme très vite, et honnêtement, je ne sais pas si j'arriverai à dormir cette nuit. Une forte pensée pour que la nuit se déroule sans trop de dégâts. Laudodemayotte


http://www.lepoint.fr/actualites-monde/comores-bacar-sera...

Chasse à l'homme à mayotte?

L’exil de Bacar met Mayotte en ébullition
De notre correspondant à la Réunion LAURENT DECLOITRE
QUOTIDIEN : vendredi 28 mars 2008


«On a foncé comme des malades, sinon on était lynchés !» Hier, après une journée réfugié dans son bureau de Kawéni, au nord de Mamoudzou - le chef-lieu de Mayotte -, Jean-François Malichecq a «tenté une sortie».«On est tombé sur un groupe d’une trentaine de jeunes. Ils ont caillassé la voiture, brisé les vitres. Tout ça parce qu’on est blancs. Où sont les militaires ?» témoigne le chef d’entreprise. Comme lui, la communauté des mzungus (les métropolitains) de cette île française de l’océan Indien a été prise à partie par la population d’origine comorienne, nombreuse à Mayotte. «On a accueilli une dizaine de blessés, qui ont été molestés», confirme Alain Daniel, directeur du centre hospitalier de Mayotte. Mais «aucun blessé grave ni mort» , a précisé le préfet.

Les émeutiers ont manifesté leur colère après la fuite à Mayotte de Mohamed Bacar, l’ex-homme fort de l’île comorienne d’Anjouan, distante de seulement 70 km, qui avait organisé des élections illégales et s’est rendu coupable d’exactions sur sa population. Bacar a demandé l’asile politique à la France, après avoir été renversé mardi par les forces comoriennes loyalistes et africaines, avec le soutien logistique de la France. A Mayotte, les manifestants anjouanais, qui reprochent à la France de jouer un double jeu et de protéger Bacar, demandent son extradition vers les Comores. Ils s’en sont pris, de fait, à tous les Blancs.

Des barrages ont été dressés sur les nombreux ronds-points de Mamoudzou, plusieurs voitures ont été brûlées. Des taxis ont été arrêtés, les occupants sortis de force et frappés. Des dizaines de mzungus se sont réfugiés dans des bars ou des restaurants de la place du Marché, tandis que les commerces ont baissé leur rideau. Les émeutiers ont tenté d’investir l’aéroport de Pamandzi, situé sur l’îlot de Petite-Terre, où était retenu Mohamed Bacar par les autorités françaises. La foule a été dispersée à coups de bombes lacrymogènes. Le service des barges, qui relient Petite-Terre à la Grande-Terre, l’île principale de Mayotte, a été interrompu, si bien que de nombreux Mahorais n’ont pu regagner leur domicile. Hier soir, aucun mzungu ne se risquait à circuler dans les rues du chef-lieu, contraints parfois de dormir sur leur lieu de travail ou de laisser leurs enfants passer la nuit dans les écoles.

Dans la ville de Kawéni, les escarmouches se poursuivaient entre forces de l’ordre et casseurs. Les liaisons aériennes avec la Réunion avaient été interrompues dès le matin. Toutefois, deux Transall de l’armée ont décollé de la Réunion pour acheminer 100 gendarmes mobiles en renfort. Mohamed Bacar devait être rapatrié sur Saint-Denis de la Réunion dans la nuit. Yves Jégo, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, en visite à la Réunion, a indiqué que le président déchu sera «mis entre les mains de la justice française», pour «importation d’armes et immigration illégale». Par ailleurs, la France réfléchit «aux conditions de sa consignation à résidence» et à sa demande d’asile politique. Le ministre doit se rendre ce matin à Mayotte.

http://www.liberation.fr/actualite/monde/318066.FR.php